CUISINE
Lundi : on booke sa semaine
C’est le jour où on se pose sur ses réservations. Alors avant de partir, je vous laisse quelques adresses à noter.
Public wine bar
Je crois que c'est la mouvance en ce moment : on a envie de lieux vivants, un peu bordel à la parisienne, mais qui ne pêchent pas pour autant sur les assiettes. J’avais l'impression de pouvoir trouver cela ici.
Public House est immense, avec une grande terrasse, un comptoir ouvert sur la cuisine, des vinyles et beaucoup de monde. Les tables sont serrées, la musique est assez forte, ce n’est pas pour les dates au calme ;)
Côté assiettes, j’ai beaucoup aimé le poulet frit accompagné d’une sauce au yaourt et à la mûre, et surtout le faux-filet à partager avec son chimichurri. Les recettes sont simples, mais bien travaillées. Les pommes dauphine étaient un peu petites mais délicieuses.
La taille du restaurant n’est pas évidente pour le service, et les desserts sont peut-être un peu moins intéressants que le reste de la carte, mais je me vois totalement revenir ici avec des amis.
Public wine bar - Paris 75009
Du lundi au vendredi, de 17h30 à 2h.
Samedi 12:00–15:30, 17:30–02:00.
Bund
J’ai finalement testé ce restaurant dont plusieurs amis m’avaient parlé. Rien de plus tentant qu’un chef japonais (ça y est, je vous bassine déjà) qui se met à la cuisine chinoise, surtout quand il s’agit de celui derrière Magma.
Et je pense que Bund pourrait directement entrer dans votre top des repas de l’année. À l’arrivée, tapis léopard, chaises brodées et grande cuisine ouverte. A table, ce sont finalement les plats les plus simples qui ont été les plus impressionnants.
Notamment les œufs brouillés à la tomate, un grand classique de la cuisine chinoise, que le chef a légèrement fumé et relevé avec du shiso. Les crevettes mayonnaise étaient aussi une excellente surprise : elles sont servies panées, chaudes et restent très croustillantes malgré la sauce. Le dessert était un mooncake au sésame noir et à la figue, accompagné d'une glace au concombre. Une association qui fonctionne particulièrement bien, avec la fraîcheur de la glace qui vient équilibrer le gâteau.
Le service s’acclimatait encore, mais c’était à l’ouverture, et franchement, avec une formule déjeuner à 35€, c’est une superbe découverte.
BUND - Paris 75002
Du mardi au samedi, de 12h à 15h et de 19h à 23h.
Sugo Osteria
Bon, on ne présente plus Sugo, ses fameuses pâtes à la sauce tomate et son excellent rapport qualité-prix. Mais j’étais curieuse de découvrir ce que cette nouvelle adresse proposait de différent.
La carte est plus originale, avec notamment des pâtes à l’espadon, tomate, olives et menthe, que j’ai beaucoup aimées, même si le poisson aurait pu être encore plus présent. J’ai aussi été assez impressionnée par la quantité de vitello tonnato servie en entrée.
Et surtout, ne faites pas l’impasse sur les desserts ! Mention spéciale pour la panna cotta à la fleur d’oranger et à la pistache, et surtout la torta caprese, un gâteau au chocolat et à l’amande que je vous conseille de prendre plutôt que le tiramisu.
Pâtes maison, portions généreuses et plats à 22€ maximum, on garde en tête.
Sugo Osteria - Paris 75001
Du lundi au dimanche, de 12h00 à 14h30 et de 19h00 à 22h30.
Mardi : du nouveau à l’hôtel Rochechouart
Les températures ont chuté et, forcément, nos envies ont un peu changé aussi. Ça tombe bien, l’ancien Huîtres et Citron, à l’hôtel Rochechouart, vient de rouvrir sous le nom de Comptoir Maggie. On y retrouve toujours les produits de la mer mais aussi maintenant des œufs mayo, du pâté en croûte et quelques charcuteries.
D’ailleurs, en parlant de l’hôtel Rochechouart, vous le retrouverez dans deux chapitres de mon livre qui sort cette semaine ! J’ai vraiment hâte de recevoir le bouquin en version papier et de vous le montrer.
J’y parle notamment du brunch, l’été sur le rooftop, avec vue sur Paris, et l’hiver dans la belle salle Art déco du restaurant. Et puis du Mikado, le dancing de l’hôtel, avec ses boules à facettes et son décor un peu hors du temps. Bref, plusieurs bonnes raisons de connaître cette adresse.
Comptoir Maggie - Paris 75009
Du mardi au vendredi de 18h30 à 23h et le samedi de 18h à 23h.
MUSIQUE
Mercredi : on respire
Après un déjeuner dont je ne vous parlerai pas (décevant), la découverte de la superbe nouvelle parfumerie Pouchard, et trois rendez-vous pro intenses, je suis en apnée. J’ai besoin de respirer. Direction Paul Beuscher, au 27 boulevard Beaumarchais, pour faire un tour.
Cette institution parisienne parle à beaucoup de gens, mais je ne suis pas sûre qu’on réalise tout ce qui s’y passe aujourd’hui. Depuis sa réouverture en juin, le lieu a changé. On y trouve toujours des instruments et une grande librairie musicale, mais aussi un espace pour les enfants, des canapés pour discuter et une salle de concert où se croisent jazzeux, classiqueux, rockeurs, rappeurs…
L’équipe organise aussi des événements pour se mettre à la musique, comme cette Ukulélé Party où le magasin prêtait les instruments aux participants pour apprendre à jouer « Le lion est mort ce soir », original et sympa, non ? Pas besoin d’être musicien ou connaisseur pour apprécier le lieu.
Paul Beuscher - Paris 75004
Du lundi au samedi de 11h à 19h.
CUISINE
Jeudi : l’excitation
Quoi de mieux, pour préparer un voyage au Japon, que de commencer par quelques adresses parisiennes ? On ne compte plus les restaurants et les lieux qui s'inspirent de cette culture à Paris, avec, il faut le dire, un peu de tout. Mais j’aimerais partager avec vous trois univers que je pense être très représentatifs du pays, sans “interprétation”.
Chakaiseki Akiyoshi
Je pense d’abord à ce restaurant du 15e, où l’on découvre le chakaiseki, repas traditionnel japonais. Derrière les noren, ces rideaux en tissu suspendus à l’entrée, on découvre une toute petite salle et un comptoir où le chef Yuichiro Akiyoshi prépare les plats devant nous, dont certains poissons grillés au charbon de bois, avant de terminer le repas par une cérémonie du thé.
Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est l’accueil de Misuzu, la femme du chef. Elle reçoit les clients en kimono, ultra souriante. C’est une superbe ambassadrice de sa culture, qui a rendu cette expérience aussi mémorable que le repas lui-même.
Chakaiseki Akiyoshi - Paris 75015
Du mercredi au dimanche, de 12h à 15h et de 19h à 23h.
Jugetsudo By Maruyama Nori
Et puis il y a ce salon où j’ai assisté à ma toute première cérémonie du thé à Paris, sur les conseils de François Simon, il y a plus de quinze ans je crois. C’était à l’occasion d’une pleine lune. Je me souviens encore du bruit de l’eau versée, du thé qui crépite, de tous ces gestes auxquels on ne fait généralement pas attention. J’avais adoré prendre le temps de me poser, de regarder. Et je m’étais surtout demandé pourquoi on ne prenait pas plus souvent le temps, justement.
Jugetsudo by Maruyama Nori - Paris 75006
Du lundi au samedi, de 11h à 19h.
OGATA
Forcément, tout ça me ramène chez Ogata. Je sais, je vous en parle tout le temps, mais ça fait maintenant cinq ou six ans que j’y vais et je ne m’en lasse toujours pas. J’aime autant son salon de thé, un peu caché au sous-sol, que le bassin d’eau à l’entrée ou l’architecture du lieu, faite de béton, de bois et de lumière qui me rappelle le Japon contemporain. Il n’y a pas besoin de raison pour passer une tête. Mon seul regret, c’est qu’on ne puisse plus déguster des thés et des pâtisseries au rez-de-chaussée sans réservation.
OGATA - Paris 75003
Le lundi et mardi de 11h à 19h
et du mercredi au dimanche de 11h à 21h.
VOYAGE
Vendredi : l’addiction
Après une journée frénétique, les cadeaux à acheter pour mes amis japonais, les oublis et la fatigue, l’excitation commence enfin à monter. Direction l’aéroport pour un vol de nuit, que je vous recommande vraiment (jusqu’ici, je prenais un vol direct qui arrivait à 6 h du matin : on se sent plein d’énergie à l’arrivée, avant de s’écrouler vers midi).
C’est mon quatrième voyage à Tokyo et je me rends compte que j’ai abordé la ville d’une manière complètement différente à chaque fois.
Voyage 1 : l’émerveillement total.
Eau de tomate des distributeurs de la rue
Tout fascine. Les inscriptions au sol, les distributeurs de boissons, les gestes des gens, leurs vêtements, les mots… Absolument tout. Je me souviens avoir pleuré, de joie mais aussi parfois de désespoir (notamment après avoir passé quatre heures à chercher un comptoir bien précis pour acheter des billets de train à Shibuya, beaucoup passent par là). On ne comprend rien à ce qui nous entoure et c’est génial.
Voyage 2 : la boulimie d’adresses.
À l’époque, je travaillais sur un projet de livre consacré aux restaurants de Tokyo, qui ne s’est finalement jamais fait. J’avais passé des mois à faire des recherches (j’ai encore un document avec 400 ou 500 adresses quelque part). J’ai donc utilisé cette matière pour découvrir la ville, et autant vous dire que le programme était chargé. Résultat : un voyage fantastique et frénétique, à la découverte de tous les styles de cuisine (kaiseki, shabu-shabu, oden, kushiyaki...) aux quatre coins de la ville.
Voyage 3 : le Tokyo rétro, de jour comme de nuit.
Cette fois, je m’étais surtout intéressée aux cocktail bars, aux jazz bars et aux kissaten, ces cafés japonais old school. J’ai découvert des endroits minuscules, pour la plupart impossibles à repérer depuis la rue. Je me souviens notamment d’un bar de musique live tellement petit que j’étais presque sur les genoux du bassiste... Des décors restés dans les années 60, 70 ou 80, de la fumée de cigare, du café très fort, du whisky, de longues nuits… J’ai adoré découvrir cette facette rétro de Tokyo.
VOYAGE
Samedi : retournement de veste
Voyage 4 : faire exactement l’inverse.
Cette fois, j’ai décidé de prendre le contre-pied de mes précédents voyages. Presque aucune recherche, très peu de réservations, et surtout beaucoup plus de temps pour les parcs, les soins et les moments pour moi. Parce que j’en ai besoin, tout simplement. Et parce que cette ville répond à TOUTES vos envies et toutes vos lubies. Que vous soyez passionné de design, de rock, de Pokémon, de mode vintage, de papeterie ou même de couteaux de cuisine, vous pourriez passer des semaines à chercher des adresses sur un seul de ces sujets.
Je suis encore en pleine découverte, mais je peux déjà vous partager :
Balnéa
J’ai testé mon tout premier head spa et je vais avoir du mal à m’en passer… Pendant le soin, entre les shampoings, les massages crâniens et les moments où l’on vous laisse simplement profiter de l’eau chaude qui coule sur la tête, j’avais l’impression d’être une petite fille dont on s’occupe. Et attention, mon mari a lui aussi adoré (j’espère simplement qu’il ne décrira pas son expérience de la même façon que moi). On peut d’ailleurs réserver un soin en duo.
Musée Nezu
Je vous conseille évidemment de visiter le musée et ses collections d’art japonais et asiatique, même si je dois avouer que j’y vais surtout pour son jardin. Le bâtiment a été imaginé par Kengo Kuma et, une fois à l’extérieur, on se retrouve au milieu des arbres, des petits chemins en pierre, des bassins et des pavillons de thé. Il y a même un petit sanctuaire. Difficile de croire qu’on est à quelques minutes des boutiques d’Omotesando. Prenez le temps de vous y promener, c’est la meilleure partie de la visite.
Café de l’Ambre
Un kissaten ouvert depuis 1948, en plein Ginza, où l’on ne vient que pour le café. J’ai adoré ses petites tasses colorées, son comptoir en bois et surtout le calme qui règne à l’intérieur, alors que le quartier est toujours très animé. On peut même choisir des grains qui ont vieilli pendant plusieurs années avant d’être torréfiés.
Dimanche : une claque
Et pour terminer, je vais vous donner l’adresse qui m’a le plus fascinée de tout Tokyo. Une adresse dont je ne vous ai jamais parlé, et que je n’ai quasiment jamais partagée. Mais maintenant, je suis prête :)
Il s’agit de Meikyoku Kissa Lion, un salon d’écoute musicale qui ressemble à un petit théâtre et où l’on passe uniquement de la musique classique. L’intensité monte au fil de la journée : j’y suis allée un matin, c’était d’une douceur incroyable. J’y suis retournée un soir, et là, une véritable déferlante musicale.
Les chaises ressemblent à celles d’une église et sont toutes tournées vers l’immense bibliothèque remplie de vinyles et de CD de toutes les époques. Au milieu, il y a cette stéréo monumentale, presque comme un orgue. Deux mots pour décrire cette installation : chargée et spectaculaire.
Et tout cela devant… trois à cinq clients à peine, dans une salle où il est d’ailleurs interdit de parler ou de prendre des photos.
Je ne m’en suis toujours pas remise. Il y aurait tellement de choses à raconter sur cet endroit, mais je crois que je préfère vous laisser le découvrir. Je vous souhaite vraiment de pouvoir y aller un jour…
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Faites-moi vos retours, vous avez toujours de très bonnes suggestions (mise en page, longueur…).
On se parle bientôt !
Philou
